Culture

Rentrée musicale

Lycéens et lycéennes, je vous retrouve cette année pour une nouvelle édition du journal NDC !

   A découvrir dans ce premier article musical, un jeune groupe au nom tout à fait curieux : « Feu! Chatterton ». Révélation.

 Costumes distingués, moustache bien taillée, ces cinq garçons parisiens nous surprennent avec leur look dandy. Les Feu! Chatterton osent le subtile et doux mélange entre jazz/rock et poésie classique.

Attachés à une certaine tradition, les artistes bouleversent l’univers de la musique sur des paroles lyriques et surréalistes. Un souffle de Baudelaire, Bashung ou encore Ferré agite les textes des garçons.

Feu! Chatterton a dévoilé son talent lors de la première partie de Fauve en mai dernier au Bataclan. En juillet, au moment du festival des Francofolies de la Rochelle, le groupe s’est produit sur la scène de la Coursive – concert auquel j’ai pu assister avec grand plaisir. Remarquable.

Au Festival des Francofolies

Au Festival des Francofolies

 

Le tout premier EP éponyme de Feu! Chatterton est disponible depuis le 8 septembre. Une rentrée qui s’annonce des plus agréables.

Pour compléter, j’ai réussi à obtenir une interview téléphonique avec Arthur, le chanteur, le jour de la sortie de leur EP. Un jeune homme naturel, ouvert, passionné d’art et de littérature. Voici le compte rendu :

Dans quelles circonstances avez-vous débuté votre carrière ? La musique était-elle au départ votre « projet professionnel » ou bien est-ce que tout cela est arrivé par hasard ?

Tout cela est arrivé un peu par hasard. Il m’a suffit d’avoir une passion d’écrire. Je ne joue pas d’un instrument de musique. J’écrivais des petits poèmes comme ça au lycée, j’ai rencontré Sébastien et Clément qui sont devenus mes amis et qui sont aujourd’hui les guitariste et clavier du groupe. Tout cela s’est fait d’abord comme une activité extra-scolaire, un plaisir, et puis c’est devenu sérieux.

Par quel(s) moyen(s) avez-vous réussi à acquérir une certaine importance/popularité ?

Je ne sais pas… C’est encore une fois une histoire de hasard ! Peut-être en faisant pas mal de concerts… Sur la scène à Paris… On a cherché à jouer dans tous les petits café-concerts pendant presque un an. Je pense que c’est comme cela que l’on s’est fait un petit peu connaître.

Avez-vous eu des relations afin d’accéder à la scène ?

Non, aucune relation particulière. Ensuite nous avons rencontré un entourage professionnel qui est le nôtre aujourd’hui, mais ce sont des gens qu’on ne connaissait pas avant et qui nous ont découverts sur scène.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de votre premier EP ? Etes-vous satisfaits ?

Oui, on est très satisfaits, surtout parce qu’on a eu assez peu de temps pour le faire. Comme tout enregistrement, ça coûte un peu d’argent, de plus on l’auto-produit donc on n’avait pas non plus un magot énorme. On a eu non seulement la contrainte de la nouveauté (quand on arrive en studio pour la première fois, c’est un peu impressionnant !). On sacralise l’événement, on se dit que ce que l’on va enregistrer sera là, pour nous, une preuve définitive. Mais aussi la contrainte de savoir que l’on n’avait pas un temps infini pour le faire.

Nous avons aussi travaillé avec quelqu’un, Samy Osta, le réalisateur de notre EP. Il a également réalisé l’album du groupe « La Femme ». On aimait beaucoup la façon dont il enregistrait les instruments, on savait qu’on allait être entre de bonnes mains et la relation était super.

On continue à travailler avec lui : nous venons d’enregistrer un deuxième EP qui sortira un peu plus tard.

D’où vient votre nom de groupe ?

Il vient d’un tableau qui s’appelle La Mort de Chatterton de Henry Wallis, que nous avons vu il y a quelques années lors d’une exposition au Grand Palais sur la Mélancolie. On y voit le poète Chatterton, mort étendu sur un lit. Le tableau nous a saisi par sa beauté, ses couleurs. Le jeune homme est très androgyne. On a découvert qui était Chatterton. Non seulement le tableau nous plaisait, donc on avait envie de donner à notre groupe un nom en rapport avec ce tableau, mais en plus le personnage de Chatterton nous a plu. Il s’agit d’un jeune poète qui monte à la ville de Londres alors qu’il vient de la province, à 15 ans. Il va finalement mourir de désespoir car il n’arrivera pas à faire carrière à Londres dans la littérature.

J’ai plusieurs fois essayé de trouver le tableau sur internet, mais j’ai toujours été déçu, le souvenir l’a rendu plus beau…

Avez-vous déjà ou aimeriez-vous travailler avec un artiste en particulier ? Si oui, pourquoi ?

Ah, je n’ai pas d’idée en particulier, je n’ai jamais réfléchi !… Je ne sais pas… Si, comme ça dans nos rêves les plus fous, David Bowie !

C’est vrai que quand on devient musicien, on ne sait jamais si cela va devenir un métier. On ne se permet pas trop d’imaginer travailler avec des grands artistes que l’on admire… Mais c’est assez fou d’imaginer travailler avec David Bowie !

Peut-être avec Fauve ?

Si j’ai l’occasion, je préférerai travailler avec des artistes d’une autre génération qui ont plus d’expérience. Mais c’est vrai qu’avec Fauve, c’est une relation intéressante parce qu’ils nous ont invité une semaine entière au Bataclan, c’est une chance incroyable. Ils nous épaulent et nous savons qu’ils apprécient ce que nous faisons. On peut trouver une filiation entre ce qu’ils produisent et nous. On est de la même génération, on écrit en français, on peut donc trouver ces liens-là, cela pourrait être intéressant.

Avez-vous des projets plus ou moins concrets en vue pour plus tard ?

Oui, nous venons d’enregistrer notre deuxième disque, qui sortira en janvier 2015 idéalement. Ce sont quatre titres qui se suivent, cela fait une sorte de grande chanson de quatorze minutes. Là, nous cherchons un réalisateur pour pouvoir faire un court-métrage dessus.

Après, on aimerait bien d’ici un an enregistrer un premier album ou travailler dessus. Mais difficile de voir plus loin qu’un an dans la musique, c’est tellement fragile, inattendu…

D’où vient votre style dandy ?

Je ne sais pas… Peut-être du fait d’avoir admiré plus jeune les personnages comme Gainsbourg, d’avoir lu des artistes du XIXème siècle comme Oscar Wilde, Baudelaire… Et j’aime l’allure des costumes. D’ailleurs les costumes complets trois pièces ne sont pas forcément des costumes dandys. On voit ça aussi dans le cinéma italien des années 60, dans les films sur la prohibition aux Etas-Unis. Avant le prêt-à-porter, tout le monde plus ou moins, portait le costume, c’était l’habit de tous les jours. Mais c’est vrai que l’on peut revendiquer une inspiration ou une influence dandy plus pour la littérature.

Laura Barbaray – TL

"La mort de Chatterton" Henry Wallis

« La mort de Chatterton » Henry Wallis

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